Le Kissing lesbien contre le Happening marseillais de VITA ou l’imposture bobo bisexuelle

Non non, vous ne vous trompez pas : on nage en pleine gaminerie. Sauf que maintenant, c’est sincère et agressif, ça se veut drôle, décomplexé, révolutionnaire, et que les gamins sont joués par des « adultes ».

Depuis hier (23 octobre 2012), une photo circule à fond de train sur les réseaux sociaux.

 Celle du « Baiser lesbien lors du Happening marseillais anti-mariage-pour-tous » organisé par l’Alliance VITA. Alors qu’elle est pourtant tout autant scénarisée et fabriquée que le « Baiser de l’Hôtel de Ville » de Robert Doisneau (désolé pour ceux qui croyaient encore au romantisme, à l’authenticité et à la spontanéité du fameux cliché…), elle sert d’étendard
soi-disant victorieux, touchant, sans parole, instantané, qui vaudrait tous les discours face à la « Bête homophobe » anti-égalité-des-droits et anti-mariage. Elle imposerait le silence et le respect par sa provocation « mignonne », son impact médiatique « simple » et néanmoins
percutant, sa fraicheur juvénile. Belle illustration inconsciente de l’idolâtrie médiatique qui a capturé depuis bien longtemps le cœur et le cerveau lobotomisé des militants pro-mariage et de leurs suiveurs sociaux bisexuels/gay friendly…

Je dis « lobotomisé » car ceux qui défendent la beauté et le caractère « ultra-subversif » de cette photo ne veulent pas l’analyser, parce qu’elle montrerait au grand jour leur naïveté, leur arrivisme adolescent, leur orgueil mal placé de militants-moutons (si politiquement corrects dans leur démarche anti-politiquement correcte !). À bien y regarder, cette image encensée par un certain nombre d’adolescents attardés homosexuels – et il est vrai que ça compose le gros des troupes LGBT ! – donne pourtant toutes les preuves qu’elle est une mascarade, une image mensongère de l’Amour. D’ailleurs, les deux filles qui ont posé pour ce kissing « improvisé » ne sont pas réellement en couple. Elles l’ont avoué elles-mêmes à la revue « Têtu » aujourd’hui. C’était une union de circonstance, un défi entre potes (Chiche, on le fait ! « Allez, on se met en plein milieu et on s’embrasse devant tout le monde! » a dit Auriane, 19 ans, à sa camarade Julia, 17 ans, juste avant de se lancer devant les photographes), un couple de l’instant (dans le sens du paraître, de l’artifice, d’« instantané photographique »), fabriqué de toutes pièces par un exhibitionnisme opportuniste et par une rébellion bon marché (deux étudiantes, très féminines, pas du tout marquées lesbiennes, se revendiquant « hétérosexuelles », venues à l’improviste perturber l’happening pour « rire tout en s’engageant », ça ne mange pas de pain !). Il n’en fallait pas moins pour flatter le militantisme pro-mariage en manque d’arguments dans les débats sur le projet de loi, et pour satisfaire les provocations adolescentes dont la plupart des mass media raffolent, tout soucieux qu’ils sont de choquer-pour-choquer plus que de défendre un Amour réel (étant donné que l’Amour vrai, même entre un homme et une femme, ne s’afficherait surtout pas comme ça pour défendre une cause, aussi juste soit-elle).

Le plus fascinant, c’est que la « photo-événement » porte en elle les marques objectives de sa propre vanité, superficialité, prétention et violence (eh bien oui : les pastiches d’amour, même rigolos, peuvent être violents !) :

1 – Concrètement, ce n’est pas l’homosexualité qui y est défendue (quelle naïveté des communautaires homosexuels que de croire le contraire !) mais une bisexualité adolescente, une immaturité sexuelle, un goût du scandale facile. Pussy Riot le Retour. Ou un peu comme les deux chanteuses russes du groupe Tatu, qui simulaient l’amour lesbien sulfureux dans leurs clips, et qui finalement se sont révélées lesbiennes juste le temps de la photo et pour vendre des disques. Bref, le couple lesbien trafiqué, mais dans sa version bobo complètement fade et indéterminée (cf. Clotilde, le personnage d’étudiante décervelée joué par l’humoriste Florence Floresti).


[F. Foresti] Clotilde – La campagne de pub gay par patroklis

2 – Ce n’est pas l’amour homosexuel qui est défendu, mais une pulsion du moment, certes enveloppées de bonnes intentions (sensuelles, ultra-politisées, voire même humoristiques puisqu’une des deux Lolita bobos esquisse un sourire de complaisance en provoquant ceux qu’elles définissent intérieurement comme des «vieux cons homophobes»). En aucun cas nous avons affaire à une démarche libre et aimante. Paradoxal, surtout venant de ceux qui chantent « l’amour » à tue-tête…

3 – Ce n’est pas la liberté humaine qui est défendue ni un amour concret des différences qui est montré, étant donné que les deux filles ressemblent à des jumelles (même look, même sac à main, même coiffure, même visage à l’écran), qu’elles illustrent un rejet de la différence (non seulement des sexes, mais aussi de la différence des générations – le conflit générationnel est criant sur ce cliché – et des espaces – pudeur et interdits, out !), qu’elles rejouent en actes la violence de l’excès de similitudes, qu’elles sont le reflet de la société de consommation la plus banalisée et asservissante qui soit (cf. la cannette de Schweppes à la main).

4 – Enfin, ce geste du baiser est plus violent qu’il n’y paraît car il n’est pas un appel au dialogue avec les personnes auxquelles il s’oppose. Les filles, en s’embrassant à pleine bouche, se clouent le bec pour mieux clouer le bec aux autres, et mimer sur elles-mêmes la douce tyrannie de censure qu’elles leur imposent. C’est le baiser = scotch sur la bouche. Et si vous regardez bien, dans les articles de Têtu ou d’autres blogs exposant avec fierté leurs nouvelles égéries hétéros-friendly, il y a très peu de lignes de commentaires ou d’analyse.
Ceux qui la récupèrent affichent leur propre absence de pensée, de compréhension, ainsi que leur refus du dialogue.

Ça fait beaucoup de pièces à conviction à la décharge de cette photo, je trouve ! Incroyable retour du refoulé. Suprême contradiction des intentions. Ce baiser, en apparence beau, victorieux, et anodin (« Arrête ! Ça n’est rien, un p’tit kissou ! C’est mimi ! C’est culoté ! » me dira-t-on) ne fait que symboliser la superficialité, la prétention et l’homophobie de l’acte homosexuel en lui-même. Celui-ci, de par son éloignement du Réel et son expulsion de Son roc principal qu’est la différence des sexes (une différence qui concerne l’existence de toute l’Humanité), fait violence, et ce, universellement, car elle contredit la présence de n’importe quel être humain. Il est donc juste, non qu’il suscite l’offuscation et les réactions d’indignation excessives, mais qu’il fasse universellement violence, qu’il gêne. Depuis quelques années, j’ai vu bien des enfants, purs et sans préjugés homophobes dans la tête, très mal réagir à la vue d’un couple homosexuel qui s’embrassait – même sobrement – devant eux.

C’est bien que l’expulsion de la différence des sexes, expulsion que le couple homosexuel actualise dès qu’il se forme, n’est pas anodine et dénuée de brutalité. Là, je me place au-delà du débat manichéen sur le permis et le défendu, et pas sur le terrain de la simple accusation
d’« exhibitionnisme » et des questions d’affichage « impudique » des gestes d’amour. Je parle au contraire de l’impossible forcé artificiellement à devenir concret par le possible de l’instant. J’évoque d’une part la violence des actes homosexuels, la violence des intentions sincérisées de ces mêmes actes, et d’autre part l’importance vitale de la différence des sexes pour l’incarnation de tout amour humain. Pour le coup, l’indignation que ce baiser lesbien marseillais a suscité hier me semble justifiée par la déshumanisation et le manque de liberté que le désir homosexuel crée et nourrit quand il s’actualise sous forme de gestes amoureux et sous forme de couple. Publics ou pas, visibles ou pas, là n’est pas d’abord la question. Le problème n’est pas dans l’existence du désir homosexuel, mais dans sa pratique, bien avant
d’être aussi dans la visibilité de cette pratique.

C’est pour cette raison que j’aime et comprends l’offuscation des quelques mamies (pardon… « femmes d’un âge avancé ») que l’on voit en arrière-plan… même si je lui préfère de loin la réaction amusée et indifférente de la jeune femme qui se trouve devant et qui ferme les yeux tout en considérant la scène avec l’importance et la retenue qu’elle mérite. Oui, au final, je crois que l’acte « subversif » posé par ces deux femmes-enfants irréfléchies et pleines de bonnes/mauvaises intentions scandalisent plus les personnes pro-mariage que les personnes anti-mariage. Ce qui choque les secondes, c’est certainement la « prétention à offusquer » des premières. Alors que franchement, elles en ont certainement vu d’autres, et des bien pires !

L’instrumentalisation instantanée et fiévreuse de cette photo par la communauté homosexuelle est finalement le triomphe de la connerie conquérante de la société bisexuelle, gay friendly, et pas d’abord homosexuelle. Que ceux qui, parmi les personnes homos, ont encore échappé au lavage de cerveau social dont elles sont les joujoux, à la bien-pensance anti-conformiste, et qui ont encore des oreilles à l’écoute, entendent. Les autres, restez bien confortablement dans votre frétillante « indignation face à l’indignation » : c’est une attitude narcissique, donc logiquement, ça devrait vous plaire !

Philippe Ariño

12 réflexions au sujet de « Le Kissing lesbien contre le Happening marseillais de VITA ou l’imposture bobo bisexuelle »

  1. Je ne crois pas une minute à la « spontanéité » du baiser en question : même circonstance et même sketch, par des mecs, à La Roche sur Yon … et où encore ?

  2. Bonsoir Monsieur,

    Je me demandais juste si vous etiez payé pour raconter des absurdités de ce genre.
    Vous ne comprenez pas l’interet et la beauté de ce geste, je ne comprends pas l’interet de cet article.

    Bonne continuation, en esperant qu’un jour vous vous rendrez compte de votre prétention, ainsi que du mal que vous pouvez causer à certaines personnes. Ce sont des gens comme vous qui poussez des jeunes homosexuels au suicide.

    Une hétéro ouverte d’esprit et choquée, lassée par des propos de ce genre.

  3. Puisque je sais que mon commentaire sera automatiquement supprimé, je ne perdrai pas de temps.

    Je suis lesbienne, en couple depuis deux ans avec une charmante femme, que j’aime plus que ma propre vie. Que j’espère épouser un jour, et avec laquelle j’élèverai un enfant, qui sera entouré d’Amour et abordera la vie sur des bases saines. Et tu sais, connard, si tu me méprises, sache que ta langue poisseuse et déblatéreuse de conneries, je me torche avec. Allez, ciao bande de nazes ! ^^

  4. Je suis totalement POUR LE MARIAGE HOMOSEXUEL EN FRANCE, il n’y a aucune raison valable pour que seuls les hétéros se fassent saigner par l’Etat lors de leur divorce!

  5. Monsieur,
    Vous êtes un malade mental, il faut vous faire soigner. Je plains sincèrement vos enfants, surtout s’ils sont des « adolescents homosexuels attardés ».

  6. Ce baiser qui fait le buzz, malgré votre argumentation, ne fait que confirmer que la jeunesse (hétéro/homosexuelle) montre qu’elle a aussi son message à faire passer et que malgré les milliers de penseurs moyenâgeux c’est celui-ci qui prime. (Il est malheureux que ces gens qui ont probablement tous connu mai 68 prennent à leur tour le rôle de vieux rétros)

    Le monde change, les jeunes sont le futur, laissez à la France le droit de sortir de son placard poussiéreux qui pue le cierge et le vin de messe.

    Nous vous inquiétez pas, il y aura toujours des hétéros dans 100 ans mais aussi des homos probablement beaucoup mieux insérés et moins segmentaires pourvu qu’on leur laisse une place correcte.

    Un dernier mot, mais c’est juste pour pousser mettre le feu aux poudres; je ne suis pas sur que ces hétéros manifestants ont plus de mérite à éduquer un enfant avec des idées aussi xénophobes et religieuses.

    Vive la laïcité, la liberté d’aimer l’autre et de jouir des mêmes droits que chacun à ceux qui respectent l’autre.

  7. « Non non, vous ne vous trompez pas : on nage en pleine gaminerie. »

    Haha. Haha. Haha.

    Vous parlez pour vous, c’est ça ?

    La honte de la France, c’est vous. Cette France d’un siècle passé, conservatrice, coincée du cul et hypocrite.
    La même France qui a une certaine époque se serait rebellé contre le droit de vote pour les femmes, l’avortement ou l’abolition de la peine de mort. Cette France qui empêche la société d’évoluer, d’avancer, et qui préfère se cacher derrière des vérités dépassées, qui défend soi-disant les intérêts de tous (ici des enfants et de la famille), alors qu’elle ne défend que son propre petit point de vue étriqué.

    Allez vous marier avec votre cousin en pataugeant dans votre eau bénite et fermez vos gueules, merci.

  8. C’est vraiment ça, merci Monsieur pour cette analyse. Merci pour votre courage et votre témoignage qui rend justice à la Vérité.

    Et bien sûr on n’évoque même pas le contraire : un vrai/faux couple (« hétéro », cela va encore de soi) captant l’image exprès par provoc’ lors d’une manif’ gay après les avoir copieusement engueulés.

  9. Je comprend beaucoup de tes arguments contre cette photo. Moi même, pour avoir cherché la raison de ce cliché, ai été un peu déçue de la spontanéité provocatrice et irréfléchie de ces deux filles. Pourtant, je ne trouve pas que cet acte est à blâmer. Il met peut être en avant l’ignorance et l’indignation facile d’une jeunesse qui se cherche ses limites et qui revendique ostentatoire ment ses libertés, mais il met aussi en lumière une volonté universelle de tolérance. Oui, ces deux filles n’avaient rien à faire au milieu de ces militants, puisque leur discours était creux, mais elles illustrent une solidarité -certes facile- mais sincère envers ceux qui subissent des insultes chaque jour pour avoir accepté ce qu’ils sont. Le baiser, une violence ? Non, je suis absolument contre cette conception là, le baiser est un symbole utilisé par beaucoup de campagnes, dans beaucoup de combats, et qui est le signe le plus pur de l’amour de son prochain -qu’importe si c’est un amour plein de désir, ou une complicité amicale. Je suis tout aussi contre l’instrumentalisation de cette image : ce n’est en aucun cas un argument pour tourner en ridicule un débat qui se veut sérieux (et qui pose la question d’un vrai tournant dans notre société : doit on laisser place aux idéaux de la nouvelle génération, avide d’une liberté encore incontrôlée ?) Mais c’est une image, que je n’ai pas honte de brandir bien haut pour signifier mon entière appui envers les homosexuels, parce que c’est l’essence même de ce genre d’images. Elle a autant de sens qu’un cliché d’un petit Haitien dans les débris : attendrissante, passablement révoltante, mais tout à fait exempte de polémique. Il est important maintenant de passer outre les symboles -que ce soit ce baiser homosexuel, ou le symbole de la maman et du papa, qui est risible, et un peu vieillotte depuis que le divorce est omniprésent- et comprendre le vrai débat : un bonheur sincère, et une entente saine, ne sont elles pas la clef d’un couple, et les vecteurs d’un environnement assez stable et tolérant pour permettre la bonne éducation d’un enfant ? En dehors du désir homosexuel, la notion de couple est bien plus constructive; grandir avec de l’attention et de l’amour, et comprendre le monde qui nous entoure à travers nos parents, n’est pas moins accessible pour un enfant avec deux papas que pour un enfant dont le papa est absent; tous deux ont en main les armes pour devenir un individu équilibré, libre à eux par là suite, d’en faire leur force.

  10. Bravo! Très bon article! Ces filles, leur comportement et ce qu’elles incarnent (des hétéros qui imitent des homo) c’est le marché lui-même : l’immédiat entre le désir et sa satisfaction et leur définition d’elles-mêmesi par leur action.